NOD-sur-SEINE (Côte d’Or)

NOD-sur-SEINE

12 septembre 1944

C’est à NOD-sur-SEINE que le 12 septembre 1944 s’effectua la jonction entre la 1ère armée française, débarquée en Provence, et la division Leclerc, débarquée en Normandie.

Au matin du 12 septembre 1944, vers 9 heures, Mr et Mme Merle, propriétaires du bureau de tabac du village, prennent à bicyclette la RN 71 pour aller se ravitailler en tabac à Châtillon-sur-Seine, chef lieu de canton. En arrivant, ils n’en croient pas leurs yeux !

Ils aperçoivent des uniformes kakis. Ils s’approchent. Ce sont des soldats français de la Division Leclerc qui venant du nord, après avoir délivré Paris, recherchent le contact avec la 1ère Armée Française.

En fait, ces éléments avancés de la 2ème DB ont reçu l’ordre de rouler jusqu’à Chamesson.
Mais Mr et Mme Merle les invitent à pousser jusqu’à Nod, n’ayant croisé aucun allemand sur leur route.

C’est ainsi que par l’intervention de ce couple d’habitants du village, le détachement de la 2ème DB s’avança quatre kilomètres plus loin, et que Nod-sur-Seine ravit à son voisin le privilège de figurer dans l’Histoire.

Quand les époux Merle rejoignirent Nod, ils avaient été devancés par le capitaine Gaudet, commandant le détachement de la 2ème DB, composé d’une cinquantaine d’hommes, d’un char, de plusieurs voitures et automitrailleuses.

Ils avaient pris position à la sortie du village, à la hauteur du Chemin de la Céramique. On attendait maintenant l’arrivée de la Division De Lattre.

C’est à 16h30 qu’un groupe d’enfants, qui avait passé une bonne partie de la journée au bord de la RN 71, vint prévenir le maire Bernard Huguenin.

Aussitôt, tous les villageois arrivèrent pour voir le capitaine Guerard, de la 1ère DFL, au pied d’un orme centenaire, réalisant ainsi la jonction entre les forces alliées débarquées, d’une part le 17 août en Provence et d’autre part le 6 juin 1944 en Normandie.

(source : www.petit-patrimoine.com )

JONCTION

Le 12 septembre 1944, à 16n30 la liaison a été prise entre la 2ème Division blindée et la 1ère Armée française à Nod-sur-Seine, par le 4ème Escadron du 12ème Régiment de cuirassiers

C’est seulement le 8 septembre que la 2e D.B. quittera Paris. Le 10 septembre au matin, le 12ème escadron arrive à Cunfin ; le maire de ce village du plateau de Langres nous reçoit avec une chaleur exceptionnelle.
Après l’exubérance parisienne, un peu factice, nous apprécions sa profonde cordialité. Sous les rayons d’un agréable soleil d’automne, nous profitons aussi du calme et de la douceur d’une France villageoise.
Le 12 nous quittons Cunfin pour Chatillon-sur-Seine et attendons tranquillement la suite, très décontractés, toujours, apparemment, en vacances…

Vers 15h30 ma radio grésille. Je décroche le micro :
– ici GAUDET, j’écoute… » un message suit aussitôt :
– Dispositions de combat : rencontre avec l’ennemi possible. Poussez reconnaissance vers Chamesson ».
Un coup d’œil sur ma carte MICHELIN…. Chamesson n’est pas loin sur la nationale, direction générale: Dijon.
Dijon ! nous avons entendu l’autre radio, celle des pékins, annoncer triomphalement que la 1ère Armée Française avait libéré la capitale de la Bourgogne.
Comme l’éclair, l’idée d’une incroyable possibilité jaillit en moi et s’installe dans mon esprit : la Division LECLERC rencontre l’armée de LATTRE !

J’ai servi et admiré ces deux chefs : de LATTRE en 1940, LECLERC maintenant… avec les ÉLÉPHANTS BLANCS- Cette rencontre est un magnifique symbole. Il faut qu’elle soit assurée par les ÉLÉPHANTS. Je lance l’idée à mes gars sur les ondes, situe le défi, mène le jeu, introduit la compétition. Qui fera la jonction, là… à notre portée ?
Les équipages s’excitent, ils se lancent à un train fou sur la route Chatillon, Saint Marc. GORILLON (1) suit le char de tête… trop lent ! BRU qui connaît l’enjeu, me jette un clin d’œil. Coup de tête à gauche…. compris ; j’approuve d’un sourire. Il double, se rabat, bouffe du kilomètre.

Le chef de char distancé n’est pas content, il roule des yeux furibonds, accélère … en vain. GORILLON I prend du champ. Un réflexe de prudence me fait tempérer un peu mon impétueux conducteur. Je le fais ralentir dans les virages et observer la ligne droite, avant de remettre les gaz.
Justement, à deux cents mètres, voilà du nouveau. Venant vers nous, deux cyclistes, un homme et une femme… « – Stop ! pied à terre ! ».
Le couple est ahuri. La jeep n’a rien d’allemand… Alors, des Américains qui parlent français ? Stupéfaction, explosion de joie. Le premier char rejoint dans un tintamarre de chenilles et de moteur. Son nom, “LUNEVILLE» se détache en lettres blanches sur son flanc… Ce sont bien des chars français.
Mais pourquoi arrivent-ils du nord, alors qu’ici tout le monde les attend venant du sud… de Dijon ? J’explique à Gaston MERLE et à sa femme Louise qui nous sommes et ce que nous avons fait. Ils retrouvent leur souffle et me renseignent à leur tour :
-Nous tenons le bureau de tabac de Nod-sur-Seine et nous allons à Chatillon pour renouveler notre stock… rencontrer des chars français… c’est pas croyable ! ».
-En tout cas” dit Louise MERLE ” Nod est à 4 kilomètres. Pas un seul Allemand là-bas.”
-“Merci du tuyau… nous filons sur Nod… à bientôt”.
GORILLON I, plus que jamais en tète, arrive dans le village. A la sortie, une 302 débouche d’un virage et vient vers nous ; je stoppe à sa hauteur, bondis vers la voiture. Seul, au volant, un capitaine en tenue française : képi, vareuse.,. Dans notre jargon, un “naphtaline”… Vision surprenante en un tel lieu, dans de telles circonstances. Il n’a pas du tout l’air de venir du baraud. Je me présente, lui demande d’où il vient. “- Capitaine QUEYRAT, état major de la Division BROSSET12). Je viens de Dijon et vais à Paris, en mission.”

Un brin ahuri, inconscient de l’aspect historique de cette rencontre, il me laisse sur ma faim. Heureusement, la liaison se fortifie rapidement par des éléments plus guerriers; voici une colonne de scout-cars. Un capitaine vient vers moi :
– GUEPARD, 1e’Régiment de Fusiliers Marins, 1ere Division Française Libre. “
– GAUDET, 12e™ Régiment de Cuirassiers, 2e D.B.’.

Il me précise :
-Nous étions ce matin à Arnay-le-duc. Tiens, voici COLMAY et MQREL, deux anciens de Bir-Hakeim. Notre patrouille était à l’affût… la région paraissait vide d’allemands ; nous avons accéléré l’allure et nous voici, sur la Seine, avec vous !”
Aucun doute possible, la liaison OVERLOPD-DRAGOONI3) entre les forces du nord et celles du sud vient d’être établie et pour Overlord…par les ÉLÉPHANTS BLANCS !.
J’appelle à la radio l’Etat-major du Groupement, obtiens en personne le capitaine de TARRAGON, et je dramatise joyeusement l’événement :
-“Ecoutez-moi bien, TARRAGON… nous vivons un moment historique … Ecrivez ! «
Je dicte :
-Le 12 septembre 1944, à 16h30 la liaison a été prise entre la 2eme Division blindée et la T9’e Armée française à Nod-sur-Seine, par le 4ème Escadron du 12èmeeme Régiment de cuirassiers : les ÉLÉPHANTS BLANCS… Voulez-vous répéter” et TARRAGON s’exécute.

“La jeep roulant en tête progressait entre les escarpements et les tournants de la route, quand GUERARD parvint en vue de Nod, à peu de distance de la Seine, un mince cours d’eau à cet endroit. L’église et les maisons du village dominaient la chaussée, entourés de vergers épanouis.

L’architecte de la commune, Pierre GARNIER, se tenait devant la fenêtre de sa maison, en bordure de la route nationale. Il entendit la voiture radio de la 2e D.B., à l’abri sous les arbres, signaler l’arrivée de la colonne et entrer en communication avec le capitaine GUÉRARD et ses hommes de la 1ère D.F.L. GARNIER bondit sur la route.

Dans le village, le maire, Bernard HUGUENIN, un exploitant de carrières et de pierres de taille, ferma le vieux poste de T.S.F. à accus qui diffusait un discours du général de GAULLE. Rajustant son col, il dévala prestement les rues de Nod, avec tous les habitants à ses trousses. A ce moment, la cloche de la vieille église se mit en branle et sonna à toute volée. Alors, tout en ! courant, HUGUENIN se retourna. Sans s’arrêter, il aperçut deux silhouettes agiles grimpant le long des crochets enfoncés dans le mur de l’église jusqu’au sommet du clocher, et l’instant d’après, un drapeau tricolore se déployait dans le ciel d’été.

Le maire arriva sur la route, juste à temps pour voir, sous les ombrages paisibles d’un orme centenaire, deux officiers français qui ne s’étaient jamais rencontrés, dont l’un avait débarqué en Provence et l’autre sur une plage de Normandie, se serrer vigoureusement la main. C’était le 12 septembre 1944, trois mois et une semaine après que le premier soldat allié ail pris pied sur les côtes de France.

La jonction d’OVERLORD et de DRAGOON venait d’être réalisée.”

(Extrait du livre de Jacques ROBICHON •• LE DEBARQUEMENT DE PROVENCE)

 

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